Droits de douane de Trump : trois questions que les PME actives aux États-Unis doivent clarifier maintenant

Depuis le 20 avril, les premiers droits de douane illégaux de Trump sont remboursés aux importateurs. Mais seul un petit cercle d'entreprises suisses peut déposer la demande elle-même. Pour toutes les autres, le vrai levier est ailleurs.

En février, la Cour suprême des États-Unis a jugé que de larges pans des droits punitifs imposés par Donald Trump avaient été instaurés de façon illégale. Depuis le 20 avril, l’autorité douanière américaine accepte les demandes de remboursement via le nouveau portail en ligne CAPE. Comme l’écrit la NZZ dans une analyse récente, il s’agit à l’échelle mondiale d’environ 166 milliards de dollars américains qui doivent revenir progressivement. Dès le premier jour, environ 56 500 entreprises ont déposé des demandes de remboursement, comme le relève le fil d’actualité du Tages-Anzeiger. Le traitement dure, après acceptation de la demande, entre 60 et 90 jours. Des noms suisses connus comme Swatch, Logitech, Stöckli et Victorinox figurent parmi les demandeurs. Sources : NZZ, Tages-Anzeiger, fil Trump d’economiesuisse (état au 03.05.2026).

Les négociations se poursuivent, de nouveaux droits menacent

Les apparences sont trompeuses. Les négociations sur un accord commercial contraignant entre la Suisse et les États-Unis se poursuivent, avec un objectif fin juillet, comme le relève actuellement le fil d’actualité d’economiesuisse. Trump a en outre annoncé le 2 avril de nouveaux droits selon la Section 232 sur les produits pharmaceutiques. Comme le situe une analyse récemment publiée de la NZZ, les grands groupes pharmaceutiques suisses devraient pour l’instant s’en tirer à bon compte grâce à des accords spéciaux existants. Le véritable risque pèse sur les plus petits spécialistes et fournisseurs qui n’ont pas cette couche de protection.

Qui peut réellement demander un remboursement

L’obstacle structurel est inconfortable. Aux États-Unis, c’est formellement l’importateur qui paie le droit de douane, pas le fabricant suisse. Qui exploite une filiale propre aux États-Unis peut déposer la demande directement. Qui en revanche livre directement à des clients, distributeurs ou plateformes américains dépend de l’importateur américain. L’association industrielle Swissmem souligne dans son guide actuel que les remboursements passent jusqu’ici exclusivement par des demandeurs domiciliés aux États-Unis. Les PME suisses sans filiale doivent se coordonner activement avec leurs partenaires américains pour ne rien manquer.

Trois questions pour les 90 prochains jours

Premièrement : quel est votre rôle dans la chaîne d’approvisionnement ? Clarifiez par écrit qui, dans quelle affaire, est formellement l’Importer of Record. Qui détient le droit peut demander un remboursement. Dans les contrats avec des distributeurs, une clause claire sur la répartition d’éventuels remboursements est recommandée. Deuxièmement : quel taux de douane s’applique aujourd’hui à votre assortiment ? Le taux forfaitaire suisse de 15 % s’applique depuis décembre 2025. À côté existent des droits Section 232 sur l’acier, l’aluminium, le cuivre, le pharma et, depuis peu, les puces d’IA. Une tarification propre par produit crée de la clarté sur les risques de marge et les exemptions possibles. Troisièmement : comment utilisez-vous les négociations en cours ? D’ici fin juillet, Berne veut conclure un accord contraignant avec Washington. Si vous parlez dès maintenant avec vos clients américains de prix, de conditions de paiement et de lieux de stockage, vous gagnez immédiatement en rapidité en cas de percée. Si l’accord échoue ou si de nouveaux droits sectoriels s’ajoutent, vous avez une alternative en tête.

Ce que cela signifie pour la direction

La vérité est sobre. Pour beaucoup de PME suisses, les remboursements directs sont un théâtre secondaire. Le théâtre principal s’appelle résilience dans les affaires américaines. Qui peut répondre proprement aux trois questions ci-dessus aborde préparé la prochaine phase d’escalade ou d’entente. Comme l’a relevé récemment la rédaction économique de la SRF, ce sont surtout les PME sans implantation américaine qui sortent perdantes du chaos douanier actuel. Cela n’est pas une fatalité. La résilience commence par trois réponses propres et un scan de la chaîne d’approvisionnement dans sa propre maison.

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