Le franc reste, le risque change : ce que le climat d'exportation des PME 2026 signifie pour votre direction

Le climat d'exportation des PME suisses atteint 64,4 points début juillet 2026, légèrement plus qu'en début d'année. Le fait marquant n'est pas ce chiffre stable, mais le glissement qui se cache derrière lui : le conflit douanier avec les États-Unis recule, le conflit au Proche-Orient s'impose. Pour les PME exportatrices, la carte des risques évolue plus vite que les mesures ne peuvent s'adapter.

Climat stable, liste des inquiétudes en mouvement

L’enquête semestrielle de Switzerland Global Enterprise auprès d’environ 200 PME suisses exportatrices dresse un tableau rassurant en apparence. Comme le rapporte bundesRUNDSCHAU, le climat d’exportation des PME progresse légèrement de 63,5 à 64,4 points, restant nettement au-dessus du seuil de croissance de 50 points. Une entreprise sur deux prévoit une hausse de ses exportations pour les six prochains mois. cash confirme aussi que le climat n’a guère changé depuis le début de l’année, malgré un contexte mondial exigeant. Ce qui est notable, ce n’est pas le chiffre lui-même, mais ce qui a changé derrière lui.

Le conflit au Proche-Orient s'impose au premier plan

Il y a encore six mois, le conflit douanier avec les États-Unis représentait la principale inquiétude des exportateurs. Aujourd’hui, le conflit au Proche-Orient a pris cette place. Plus des deux tiers des entreprises interrogées se disent négativement touchées, surtout via les prix de l’énergie et des matières premières ainsi que des ruptures dans les chaînes d’approvisionnement. Pour la direction, cela révèle un schéma structurel : les risques géopolitiques se succèdent avant même que l’organisation n’ait complètement digéré la crise précédente.

Les droits de douane américains perdent leur caractère exceptionnel

Cela ne signifie pas que la politique douanière américaine a perdu son effet. La charge sur la marche des affaires reste réelle pour de nombreuses entreprises. Mais elle est citée moins souvent comme défi central qu’il y a six mois, les entreprises s’y étant adaptées. Ajustements de prix, nouveaux marchés et chaînes d’approvisionnement modifiées font désormais partie du répertoire standard. Fait marquant : 40% des PME interrogées envisagent une présence locale plus forte sur le marché américain, soit deux fois plus qu’il y a un an.

Le franc fort reste la constante

Malgré ces glissements, un risque garde sa première place : le franc fort. 61% des entreprises citent le risque de change comme la principale charge des prochains mois. Cela vaut indépendamment de la crise géopolitique qui domine l’actualité. Du côté des marchés d’exportation, la continuité prévaut : l’Allemagne reste le marché principal, les États-Unis le premier marché hors Europe. L’Inde, la Corée du Sud et le Japon gagnent en importance comme nouveaux marchés de croissance.

Ce que cela signifie pour votre agenda de direction

Trois conséquences pratiques en découlent. Premièrement : mettez en place une veille des risques qui recherche structurellement de nouvelles menaces, plutôt que de réagir seulement au titre de la semaine. Deuxièmement : examinez activement et régulièrement la diversification des marchés, pas seulement quand un marché existant s’effondre. Troisièmement : traitez la couverture du risque de change comme une tâche permanente de la direction financière, pas comme une réaction à un franc fort ponctuel. Qui ancre ces trois points dans son équipe de direction traverse le prochain changement de thème avec bien plus de sérénité.

Réagir ou piloter : le choix vous appartient

Ce schéma n’est pas nouveau. Dans l’article Conflit douanier sans percée : ce que la direction des PME doit décider avant le 24 juillet, nous avions montré à quel point la pression d’action autour des droits de douane américains était forte. Dans l’article Reprise prudente : ce que le climat des PME suisses signifie cet été 2026 pour votre agenda de direction, nous avions situé le climat général. L’enquête actuelle de S-GE le confirme : qui ne réagit qu’au risque le plus bruyant pilote de manière réactive, pas stratégique.

Au KMU Leaders Campus, les dirigeant-e-s échangent précisément sur ce type de questions, par exemple sur la manière de construire une veille des risques qui ne dépend pas de l’actualité du jour.

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